De la critique Mimétique : rentrée 2026 Qui aime Quoi et Pourquoi ?

Un brève analyse de l'illusion d'encensement

REGARDS LITTÉRAIRES

Laurent LD Bonnet

11/9/20254 min lire

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DE LA CRITIQUE MIMÉTIQUE ET DE L’ILLUSION DU FOISONNEMENT 
à l’occasion de la sortie encensée du roman de Thélyson Orélien.

Dialogue avec Fabrice Colin, rubrique littéraire du Canard Enchainé.

En commentaire la suite sur l'effet "Basic shift lines" que subit la lecture : Dialogue avec Fabrice Colin, rubrique littéraire du Canard Enchainé.

En commentaire la suite sur l'effet "Basic shift lines" que subit la lecture :

C'était ça ou mourir - ( Thélyson Orélien), ou la mécanique de l'encensement.

Un petit pavé dans la mare du consensus béat de la mimétique rentrée littéraire ? "C'est si beau, si juste", chante le Grand Prescripteur du mercredi, et "quel sens de la formule"- - "Vous êtes un poète !" lance Haenel, trop heureux de trouver un collègue prof à encenser.

Oui mais : si quelques beaux extraits suffisent à lancer un livre - de ce marketing-là, personne ne doute - le roman lui, doit passer l'preuve de réception par les lecteurs.

Intéressante chronique de Fabrice Colin, et mon commentaire sur l'effet "Basic shift lines"

FABRICE COLIN : Je lance un pavé dans la mare : suis-je le seul à trouver que le roman de Thélyson Orélien, C'était ça ou mourir - présenté presque partout comme une immense œuvre littéraire (même Carla Bruni se pâme) - souffre de tics stylistiques pour le moins rédhibitoires ?

Des formulations du genre "Pas encore un exil. Pas non plus un refuge. Plutôt un sas", "Pas plié. Pas étouffé. Juste caché sous des vêtements", "Pas intact. Pas fier. Pas tout à fait. Mais bien là"... reviennent des dizaines de fois, sans parler des aphorismes de fin de chapitre, et des métaphores charmantes mais pour le moins douteuses, quand on se donne la peine de les examiner attentivement.

Vraiment, j'ai l'impression de rouler à contresens sur l'autoroute.

REPONSE A UNE DEMANDE PRECISION

Il y a plusieurs choses, [Arnaud](https://www.facebook.com/profile.php?id=100075240104044&__cft__[0]=AZgSlfZ9TCrmWy7o45ldsIXrN8i_ajuIS95E-_Kc6IMUGzgG0hz7waqbucfO84YVvb56Bc-BceAOlVOjhTKuj8IJhU8BEJUMFnij2qOJ6osSy9Yl-aM&__cft__[1]=AZinPKf3QwYDfmdV0VR27JXYtXLD-FFSv3zMBFa6lIN0sk1suWFLccawmHiubTaLkszj4mawEnFKSC2Dd1v1zfUuQmkEyUH4EZcRkA4yUH6s6Dk-2hg).

1) Les aphorismes (par dizaines)

« Les frontières n’ont pas de cœur, mais elles ont des yeux stupides. »

« La liberté n’a pas de frontière, mais une cadence. »

« Même la misère a besoin d’un identifiant. »

« Quand le corps ne parle plus, le cœur devient fantôme. »

« La normalité, c’est un miracle répété à l’infini. »

« La lucidité est un poison quand elle ne sert à rien. »

2) Les négations : Pas... Pas... Juste (qui font très ChatGPT).

Pas de tampon. Pas de reçu. Pas de garantie. Juste la foi en la voix d’un menteur en polo.

Pas de Nike. Pas de téléphone. Pas même la foi. Juste un vieux carnet de poèmes…

Pas de bus cette fois. Pas de gang non plus. Juste les montagnes, les virages, la pluie…

Pas encore un exil. Pas non plus un refuge. Plutôt un sas.

Pas plié. Pas étouffé. Juste caché sous des vêtements.

Pas intact. Pas fier. Pas tout à fait. Mais bien là.

Pas un Jonas. Pas un Dorléon. Un José Gonzalez.

Pas le pied qui saigne. Pas les larmes. Pas les rêves. On est bruts.

Pas hystérique. Pas exagérée. Bien réelle.

Pas un homme. Pas un ancien professeur. Juste un inconnu avec une veste trop

3) Les métaphores douteuses : là, il y a trop de choses, j'ai un peu la flemme de faire une liste. Mais une fois que vous commencez à avoir ça en tête, la lecture devient une une épreuve.

Le regard vide comme une assiette de riz après la guerre.

La pluie cognait sur la bâche comme une armée de moustiques sous stéroïdes.

Le temps s’étirait comme une corde trop tendue.

De façon générale, ce n'est pas le procédé qui est gênant : c'est sa répétition, son côté systémique. L'éditeur, à mon sens, devrait biffer certaines formules, façon "c'est bon, on a compris".

MON COMMENTAIRE

Pour être franc, Fabrice, je pense qu'il ne faut pas négliger, en matière éditoriale, et plus généralement en matière de lecture, un phénomène que j'appellerais "pollution lente", qui s'apparente au "basic shift line" qu'emploient les observateurs de l'environnement. C'est à dire qu'au fil des générations, le seuil à partir duquel une partie des acteurs reste apte à reconnaître un environnement pollué, recule incessamment, sans que les dits acteurs en aient conscience. Aussi, l'état affligeant du suremploi de procédés pompeux, que vous dressez-là, ne parvient plus à importuner, ni une partie des lecteurs, ni les promoteurs au garde à vous sous les fourches caudines de la rentrée littéraire, et c'est plus grave : ni même les éditeurs dont le niveau s'est affaissé au même rythme que le "marché de l'attendu" (Cf Deleuze) a délité l'exigeant art d'écrire, intimement lié, croyait-on, à l'exigeant plaisir de lire. Oui, mais il fallut vendre. Il fallut vivre de sa plume. Complicités de fait, nous assistons au banquet des tartuffes.

Donc, merci pour ce pavé dans la mare. Et une suggestion : pour lutter contre cet affaissement, ne chroniquez plus que les cinquante premières pages des navets. Et concentrez vous sur les perles, que vous aurez pressenties dès l'incipit. Bien qu'il faille se méfier à présent des IA, dont le génie doit pouvoir tenir une page...pour les meilleures.

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