Salone

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Paroles de journaliste :
Inter Jacqueline Pétroz( Vidéo)

Accessible depuis tout ordinateur et dans le monde entier

Jean Claude Perrier (Livres Hebdo) : Salone est une œuvre très moderne, écrite d'une très belle plume, un ouvrage dont le style et la maîtrise d'écriture promettent une belle carrière littéraire à son auteur

Parole de libraire. Les Saisons.  La Rochelle : Que dire de ce formidable roman ? Il allie le sérieux journalistique, la fougue du roman d'aventures et  l'exotisme du récit de voyage

 

Parole d'une lectrice et d'un lecteur

Sophie Chalandre ( France) et Philippe Saint Martin ( Nicaragua )

Roman lu en double regard Philippe Saint martin et Sophie Chalandre, le texte qui suit est donc joué à quatre mains.

SALONE est d'abord un bel objet. Trop rares sont les vrais choix de papier pour imprimer un livre, alors SALONE est un livre beau qui s'estime entre les doigts comme on reconnaît un tissu de lin marocain à sa trame et un lamé au chuintement de son soyeux.

Pour entrer dans le monde de SALONE, il nous faudra tourner la première page noir perlé pour marcher vers la lumière de cette envoûtante scène à ciel ouvert : la Sierra Leone, Salone en langue krio, et y suivre les traces d'une écriture dense et tendue comme la peau d'un tambour. "Gladys aimait les matins de l'océan à marée basse, quand il l'accueillait, elle, les deux pieds enfoncés dans le sable de la nuit, avec ce roulement feutré du ressac qui n'appartient qu'à l'aube et aux petites heures qu'elle enfante."

C'est dans l'obscurité de cette première page noir-de-gris que Laurent Bonnet a trempé la platine de sa plume, à la fois Mallat n°12 et ornementale à réservoir Léonardt : pour griffer la ronde, saigner la bâtarde, enjôler l'anglaise, ordonner la droite et enfin dessiner. "Londres, printemps 2003. Un soleil blanc se hissait au dessus du fleuve et morcelait les derniers lambeaux de brume agrippés aux arches de Batterson Bridge. Au loin, sous l'assaut de la lumière, les tours sentinelles de Chelsea Gardening frappaient le ciel, glaives orangés magnifiques qui, le soir à contre-jour, se transformaient en sinistres vigies."

SALONE est un superbe récit romanesque, quasi géologique. Strate après strate, Laurent Bonnet entrecroise les destins, l'histoire impitoyable de la Sierra Leone, les personnages que l'on devine bien réels, la fresque de leurs engagements ou de leurs fuites, le bas-relief des guerres comme des drames, des cupidités comme des déchirures, des renoncements comme des convictions, dans un tourbillon littéraire qui ne nous lâche jamais. "A proximité, deux corps, immobilisés dans des positions grossières, gisaient sur la plage. Un ballon noir et blanc, poussé par la brise, roulait en bordure du ressac."

Du paysage grandeur nature à la sanglante densité historique des remous africains coloniaux et post coloniaux, Laurent Bonnet nous trame une épopée tout en brodant les destinées particulières des hommes : roman mais aussi témoignage, conte mais aussi documentaire, sur un pays dont on parle trop peu ; les événements s'entrechoquent quand les destinées se nouent, s'emmêlent et se détissent, dans une moiteur tropicale obsédante, c'est magistralement mené.

Ode à plusieurs voix, SALONE nous martèle, presque en sourdine, une mélopée qui se refuse à la résignation et donne à entendre la volonté farouche de garder la foi, une dédicace au malgré tout, malgré eux, malgré ça, malgré nous : un hommage à l'humain et ses contradictions déchirantes, ses amours, ses amitiés, ses erreurs, ses absurdités, ses obéissances et ses trahisons, à son impuissance aussi, face aux turpitudes de ce monde.

SALONE est également un discret filigrane, dédié à l'écriture, à ses impératifs et ses lacérations, où l'auteur distille ses convictions intimes imprimées en taille-douce sur chaque page : "quand on exhume les racines et que l'on parvient à dépeindre le tronc et les branches, on a beaucoup de mal à raconter le feuillage qui brûle".

Enfin, SALONE est une écriture. Un ton de conteur et de passeur, un style aérien et pourtant tellurique, presque plutonique parce que magmatique et formé en profondeur. Précise, travaillée, rythmée, émouvante, ne nous libérant qu'à l'ultime page noir perlé, cette griffe haletante et aventurière, comme une poussiéreuse piste rouge sang, est passionnément humaniste.

Alors SALONE et ces deux mots : aventure humaine. Pas navigateur pour rien, l'animal. SALONE n'est pas un premier roman, c'est un roman premier.

Sophie Chalandre ( France) et Philippe Saint Martin ( Nicaragua )

Parole d'auteure  Véronique Olmi :
C'est incroyable d'écrire un premier roman et que le premier roman ce soit ça, ce déploiement sauvage et arraché. 
Salone est étourdissant, avec une écriture parfois sèche et clinique, dans la veine des grands auteurs américains mais aussi avec des pages lyriques, déchirantes; une poésie de l'ailleurs, faite de violence et de recherche d'absolu. On est écartelé sans cesse entre un espoir de concorde et d'harmonie et une déchirure imminente, là, presque sous la peau, comme si toujours le sang qui court dans les veines pouvait bouillir et gicler, comme si rien ne pouvait se retenir, comme si les personnages étaient tous poursuivis par quelqu'un ou quelque chose, et  ce livre est une course : parfois retrouvailles, parfois fugue, poursuite, acharnement, et voilà la ronde qui se met en place, qui brouille les cartes du bien et du mal. Car ce livre c'est l'exploration de cette frontière, l'origine de la violence, la tentation de la vengeance, le glissement progressif de la justice vers la revanche, la difficile mue de la souffrance en pardon.

La question de ce roman, c'est peut-être : comment, malgré tout et tous, rendre hommage à la vie. Car l'histoire, et les histoires, sont tissées de sensualité, de ces brefs moments de bonheur, de bien-être, de partage et d'espoir, de transmission, de confiance et de solidarité.
   En battant les cartes du temps, en brisant l'inutile linéarité, en brassant les âges, les couleurs de peau, les origines, les motivations, en croisant les haines et les amours, Salone nous offre un monde en fusion, et c'est étrange comme ce roman qui pourrait être un roman d'aventures, est d'une profonde intimité.

 

L'auteur : A ceux qui voudraient simuler l'ignorance, prôner le  désintérêt et railler l'engagement, SALONE voudrait signifier : ne laissez jamais votre monde parvenir jusqu'aux confins du non-choix. 

J'aurais voulu ne pas connaître ce regret, celui de n'avoir rien pu faire, rien su faire pour empêcher ça.  Pourtant ils renaissent, là-bas. Et même si nos présences en SALONE, n'ont finalement laissé qu'une trace insignifiante, puisse ce roman "renvoyer la balle", celle-ci pacifique et chargée d'une poudre fertile, pour aider à l'ensemencement du  futur. LB
 
 
Regarder le Clip Salone enregistré avec Bai Kamara